La Biodiversité

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Introduction:

Le développement durable et la biodiversité s’épanouit dans la nature et les deux piliers fondamentaux de notre capacité à assurer un avenir viable pour l’humanité , nous ensembles. Des formes de vie sur Terre. Ces deux concepts, étroitement imbriqués, répondent à une prise de conscience progressive des limites écologiques de notre planète et de l’urgence d’adopter des modes de développement qui respectent les équilibres naturels tout en garantissant le bien-être des générations présentes et futures.

La définition canonique du développement durable, formulée en 1987 par Gro Harlem Brundtland, Première ministre norvégienne, dans le rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’Organisation des Nations unies, demeure la référence incontournable : « Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Cette définition met en lumière deux concepts inhérents : celui des besoins essentiels, en particulier ceux des populations les plus démunies, et celui des limitations imposées par l’état de nos techniques et de notre organisation sociale sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et futurs.

La biodiversité, quant à elle, désigne la variété de la vie sur Terre sous toutes ses formes, depuis les gènes et les bactéries jusqu’aux écosystèmes entiers comme les forêts ou les récifs coralliens. Elle englobe la diversité au sein de chaque espèce (diversité génétique), entre les espèces (diversité des espèces) et entre les écosystèmes (diversité des écosystèmes). La biodiversité forme le maillage de vie dont nous dépendons pour une multitude de services essentiels : nourriture, eau potable, médicaments, climat stable, croissance économique, et bien d’autres.

Cependant, le monde fait aujourd’hui face à une triple crise planétaire sans précédent : les changements climatiques, la pollution et la perte accélérée de la biodiversité. Jusqu’à un million d’espèces sont menacées d’extinction, souvent d’ici quelques décennies, ce qui représente un taux d’extinction sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Cette crise de la biodiversité, intimement liée à la crise climatique, compromet gravement les fondements mêmes du développement durable et menace le bien-être de milliards de personnes.

Ce document approfondi vise à explorer de manière exhaustive les concepts de développement durable et de biodiversité, leurs interactions, les enjeux qu’ils soulèvent, les politiques et stratégies mises en œuvre aux différentes échelles, ainsi que les solutions et perspectives pour inverser les trajectoires destructrices actuelles. Il s’articulera autour de plusieurs grandes parties couvrant les dimensions historiques, conceptuelles, environnementales, sociales, économiques, politiques et pratiques de ces thématiques cruciales pour notre avenir collectif.


Partie 1 : Le Développement Durable – Définition, Historique et Principes Fondamentaux

1.1 Genèse et évolution du concept;

1.1.1 Les origines intellectuelles

L’émergence du concept de développement durable remonte au début du XXe siècle, bien que ses racines intellectuelles puissent être tracées encore plus loin dans l’histoire. Dès 1864, dans un contexte de révolution industrielle, l’érudit et diplomate américain qui s’appelle ” George Perkins Marsh” publie L’Homme et la Nature, où il remet en question le mythe du caractère inépuisable de la Terre. Ce travail précurseur pose les premières bases d’une réflexion sur les limites écologiques de l’activité humaine.

En 1909, Theodore Roosevelt, président des États-Unis, tient un discours dans lequel il se préoccupe explicitement de la destruction des ressources naturelles et des générations futures : « Avec la croissance constante de la population et l’augmentation encore plus rapide de la consommation, notre peuple aura besoin de plus grandes quantités de ressources naturelles. Si nous, de cette génération, détruisons les ressources, […] qui seront nécessaires à nos enfants, si nous réduisons la capacité de notre terre à soutenir une population, nous diminuons le niveau de vie, nous enlevons même le droit à la vie des générations futures sur ce continent ». Cette déclaration illustre une prise de conscience précoce de l’interdépendance entre les générations et de la responsabilité des générations actuelles envers celles qui les suivront.

Le biologiste et urbaniste écossais Patrick Geddes, considéré comme un précurseur du développement durable, formule dès 1915 les premières dénonciations virulentes du gaspillage des ressources naturelles de la société industrielle. Ses travaux inspirent durablement les penseurs de l’écologie et de l’urbanisme durable.

1.1.2 L’après-guerre et la prise de conscience environnementale

Après la Seconde Guerre mondiale, la prise de conscience environnementale s’amplifie progressivement. En 1949, le président des États-Unis Harry S. Truman popularise le mot « développement » en prônant une politique d’aide aux pays sous-développés, grâce à l’apport de la connaissance technique des pays industrialisés. Il affirme que « tous les pays, y compris les États-Unis, bénéficieront largement d’un programme constructif pour une meilleure utilisation des ressources mondiales humaines et naturelles ».

L’année 1962 marque un tournant majeur avec la publication du livre Printemps silencieux (Silent Spring) par la biologiste américaine Rachel Carson. Cet ouvrage dénonce les effets toxiques du DDT, alors couramment employé comme insecticide, sur la santé humaine et la biodiversité. Considéré par certains comme étant à l’origine du mouvement écologiste moderne, Printemps silencieux alerte l’opinion publique sur les dangers des pesticides et de la pollution chimique.

Dans la même période, l’ornithologue français Jean Dorst publie en 1965 le livre Avant que nature meure, posant les fondements scientifiques de la biodiversité et traduisant dans 17 langues. Son travail contribue à diffuser la prise de conscience de la perte de biodiversité à l’échelle internationale. fr.wikipedia

1.1.3 Le Club de Rome et les limites à la croissance

En 1968, le Club de Rome est créé, regroupant des personnalités occupant des postes relativement importants dans leurs pays respectifs et souhaitant que la recherche s’empare du problème de l’évolution du monde pris dans sa globalité. Cette initiative vise à cerner les limites de la croissance économique après la période de croissance ininterrompue des Trente Glorieuses. fr.wikipedia

En 1972, le Club de Rome publie le rapport The Limits to Growth (Les Limites à la croissance), rédigé par une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology. Ce premier rapport donne les résultats de simulations informatiques sur l’évolution de la population humaine en fonction de l’exploitation des ressources naturelles, avec des projections jusqu’en 2100. Il en ressort que la poursuite de la croissance économique entraînera au cours du XXIe siècle une chute brutale des populations à cause de la pollution, de l’appauvrissement des sols cultivables et de la raréfaction des énergies fossiles. fr.wikipedia

Ce rapport, bien que controversé, marque un tournant dans la réflexion sur la soutenabilité du modèle de développement industriel. Les auteurs eux-mêmes, dans leur mise à jour de 2004 intitulée Limits to Growth. The 30-Year Update, estiment que la réalité est relativement conforme à leurs prévisions de 1972.

1.1.4 L’émergence du terme « développement durable »

L’expression sustainable development, traduite par développement durable, apparaît dans la littérature scientifique au début des années 1980. En 1980, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) publie un rapport intitulé Stratégie mondiale de la conservation : la conservation des ressources vivantes au service du développement durable, où apparaît pour la première fois la notion de « développement durable », traduite de l’anglais sustainable développement

Cependant, c’est en 1987 que le terme acquiert une reconnaissance mondiale avec la publication du rapport Our Common Future (Notre avenir à tous) de la Commission mondiale pour l’environnement et le développement de l’Organisation des Nations unies, rédigé sous la direction de la Norvégienne Gro Harlem Brundtland. Ce rapport, dit rapport Brundtland, propose la définition désormais canonique du développement durable et popularise le concept à l’échelle internationale. fr.wikipedia

Une controverse sémantique a existé en français portant sur la question de savoir s’il fallait parler de développement durable ou soutenable. Les tenants du terme « durable » plutôt que du mot « soutenable » insistent sur la notion de durabilité définie comme cohérence entre les besoins et les ressources globales de la Terre à long terme. Cependant, la traduction du terme par soutenable peut s’expliquer par de vieilles traces du mot en langue française : on trouve le mot « soutenir » employé dans une optique environnementale dès 1346, dans l’ordonnance de Brunoy, prise par Philippe VI de Valois, sur l’administration des forêts, recommandant de les « soutenir en bon état ». fr.wikipedia

1.2 Les trois piliers du développement durable

1.2.1 Le pilier environnemental

Le pilier environnemental du développement durable vise à préserver les écosystèmes, le climat et les ressources naturelles. Il s’agit d’assurer la protection de l’environnement, la conservation de la biodiversité, la gestion durable des ressources naturelles et la lutte contre les pollutions et les changements climatiques. fr.wikipedia

Ce pilier repose sur plusieurs principes clés :

  • La préservation de la diversité biologique et la conservation des ressources naturelles publications.gc
  • Le principe de précaution, qui invite à anticiper et à éviter les risques de dommages sur l’environnement et la santé vie-publique
  • Le principe pollueur-payeur, selon lequel le pollueur est responsable des faits qui dégradent ou polluent l’environnement fr.wikipedia
  • L’utilisation durable des ressources, sans épuisement et en cherchant à les renouveler fr.wikipedia

1.2.2 Le pilier social

Le pilier social du développement durable vise à garantir des conditions de vie dignes, la santé, l’éducation, l’égalité et la cohésion sociale. Il s’articule autour de la justice sociale, de l’équité, de la réduction des inégalités et de la participation de tous les acteurs aux processus décisionnels. fr.wikipedia

Les dimensions sociales incluent :

  • La solidarité entre les êtres humains, les pays et les générations engie-green
  • L’équité intergénérationnelle, préservant les opportunités pour les générations futures vie-publique
  • La participation citoyenne, impliquant les acteurs concernés dans les décisions lesjoyeuxrecycleurs
  • La responsabilité partagée, agissant ensemble pour le bien commun lesjoyeuxrecycleurs
  • L’éradication de la pauvreté, condition indispensable du développement durable fr.wikipedia

1.2.3 Le pilier économique

Le pilier économique du développement durable vise à assurer une activité économique viable, créatrice de richesses et d’emplois, sur le long terme. Il s’agit de concilier progrès économique et préservation de l’environnement, en promouvant une économie sobre en ressources et en carbone, circulaire et inclusive. fr.wikipedia

Les principes économiques incluent :

  • L’intégration de l’environnement et de l’économie, reconnaissant leur étroite interdépendance publications.gc
  • Le développement d’une économie efficace et sobre en ressources vie-publique
  • La promotion de modes de production et de consommation durables ecologie.gouv
  • L’investissement dans les technologies respectueuses de l’environnement pactemondial

1.2.4 L’interdépendance des trois piliers

Les trois piliers du développement durable – environnemental, social et économique – sont indissociables et doivent être conciliés dans une perspective de développement durable. On représente souvent le développement durable comme trois cercles qui se recoupent, illustrant cette interdépendance. fr.wikipedia

L’objectif du développement durable est de trouver un équilibre cohérent et viable à long terme selon ces trois aspects. La finalité du développement durable est de définir des schémas viables qui concilient ces trois dimensions des activités humaines, que ce soit au niveau des collectivités, des entreprises ou des individus. fr.wikipedia

Pour les entreprises, on parle en anglais des 3 P : People (pour le social), Planet (pour l’environnement) et Prosperity ou Profit (pour l’économie). Ces trois piliers sont associés à la notion de triple performance des entreprises (triple bottom line en anglais) et constituent les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) utilisés pour l’analyse extra-financière de la performance des entreprises. fr.wikipedia

1.3 Les principes fondateurs du développement durable

1.3.1 Le principe de solidarité

Le principe de solidarité est un pilier central du développement durable. Il s’applique à plusieurs niveaux : solidarité entre les pays et les peuples, entre les générations actuelles et futures, et entre les acteurs de la société civile. Ce principe pose le problème du partage de l’ensemble des ressources naturelles de la planète, ces ressources devant être consommées sans épuisement et en cherchant à les renouveler.

La solidarité intergénérationnelle est particulièrement cruciale : nous avons le droit d’utiliser les ressources de la Terre, mais le devoir d’en assurer la pérennité pour les générations futures. Ce principe implique une responsabilité particulière des générations actuelles envers celles qui les suivront, qui ne peuvent pas s’exprimer mais dont l’existence et le bien-être dépendent de nos choix présents.

La solidarité spatiale, quant à elle, postule que chaque humain a le même droit aux ressources naturelles de la Terre (principe de destination universelle des biens). Cette dimension est essentielle pour garantir l’équité entre les pays développés et les pays en développement, et pour lutter contre les inégalités mondiales.

1.3.2 Le principe de précaution

Le principe de précaution est apparu au premier sommet de la Terre en 1992 et a été intégré dans le traité de Maastricht de 1992, puis dans la législation française en 1995 via la loi Barnier sur l’environnement. Il figure dans la Constitution française depuis l’adoption de la Charte de l’environnement en 2005.

Selon ce principe, une action de prévention face à un risque ne doit pas être retardée par le manque de certitudes scientifiques. Le principe de précaution n’est pas une règle d’abstention (n’autoriser uniquement les activités scientifiquement prouvées sans dangers), mais une règle d’action pour les autorités : elles doivent interdire ou réglementer des activités qui présentent des risques.

Ce principe est particulièrement important dans le contexte des incertitudes scientifiques concernant les impacts environnementaux et sanitaires de certaines activités humaines, comme l’utilisation de pesticides, les émissions de gaz à effet de serre, ou la dissémination d’organismes génétiquement modifiés. fr.wikipedia

1.3.3 Le principe de responsabilité

Le principe de responsabilité, ou principe pollueur-payeur, est corrélé au principe de précaution. Il édicte que le pollueur est seul coupable des faits qui dégradent ou polluent l’environnement et doit en assumer les conséquences économiques et écologiques.

Ce principe implique de rendre compte des conséquences de ses actions sur les autres et sur la planète. Il s’applique à tous les acteurs : États, entreprises et individus. La responsabilité partagée est essentielle : tous les acteurs doivent agir ensemble pour le bien commun.

Le philosophe allemand Hans Jonas a théorisé la notion de responsabilité dans Le Principe responsabilité (1979), ouvrage qui a profondément influencé la pensée du développement durable. Selon lui, il y a une obligation d’existence des générations futures, qui pourrait être remise en cause par la forme qu’a prise le progrès technique à l’époque contemporaine. Il s’agit donc pour les générations présentes de veiller, non aux droits des générations futures, mais à leur obligation d’existence. fr.wikipedia

1.3.4 Le principe de participation

Le principe de participation est sollicité pour la réussite de toutes les actions nécessaires au développement durable. Il implique que chacun puisse s’engager et contribuer à son échelle, et que tous les acteurs (citoyens, entreprises, associations, élus…) participent aux processus décisionnels. fr.wikipedia

Ce principe est étroitement lié à la gouvernance, qui consiste en la participation de tous les acteurs au processus de décision ; elle est de ce fait une forme de démocratie participative. La gouvernance est un pilier indispensable à la mise en œuvre de stratégies de développement durable. fr.wikipedia

La participation citoyenne implique également le droit d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques, et le droit d’être informé des projets de décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement. Ces droits sont garantis par la Convention d’Aarhus de 1998, qui établit l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement.

1.3.5 Les 27 principes de la Déclaration de Rio

La Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement, adoptée en juin 1992 à Rio de Janeiro (Brésil) lors de la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement (Sommet de la Terre), énonce 27 principes fondateurs du développement durable.

Parmi ces principes, on peut citer :

Principe 1 : Les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature.

Principe 2 : Conformément à la Charte des Nations unies et aux principes du droit international, les États ont le droit souverain d’exploiter leurs propres ressources selon leur politique d’environnement et de développement, et ils ont l’obligation de protéger l’environnement de nos concitoyens et respect de chacun. de faire en sorte que les activités exercées dans les limites de leur juridiction ou sous leur contrôle ne causent pas de dommages à l’environnement dans d’autres États ou dans des zones ne relevant d’aucune juridiction nationale.

Principe 3 : Le droit au développement doit être réalisé de façon à satisfaire équitablement les besoins relatifs au développement et à l’environnement des générations présentes et futures.

Principe 4 : Pour parvenir à un développement durable, la protection de l’environnement doit faire partie intégrante du processus de développement et ne peut être considérée isolément. les.cahiers-developpement-durable

Principe 5 : Tous les États et tous les peuples doivent coopérer à la tâche essentielle de l’élimination de la pauvreté, qui constitue une condition indispensable du développement durable, afin de réduire les différences de niveaux de vie et de mieux répondre aux besoins de la majorité des peuples du monde.

Principe 7 : Les États doivent coopérer dans un esprit de partenariat mondial en vue de conserver, de protéger et de rétablir la santé et l’intégrité de l’écosystème terrestre.

Ces 27 principes constituent un cadre normatif international qui guide les politiques et les actions en matière de développement durable à l’échelle mondiale.

1.4 Les Objectifs de Développement Durable (ODD)

1.4.1 L’Agenda 2030

En 2015, les Nations unies ont adopté l’Agenda 2030, un plan d’action pour la paix, l’humanité, la planète et la prospérité. Cet agenda comprend 17 Objectifs de Développement Durable (ODD), qui constituent un cadre universel pour guider les efforts de développement durable jusqu’en 2030.

Les 17 ODD s’inscrivent dans le cadre de l’agenda 2030, adopté par les États membres de l’ONU pour, d’ici à 2030, éradiquer la pauvreté, garantir la prospérité universelle et assurer l’habitabilité de la planète. Ces objectifs prennent la suite des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et de l’Agenda 21. fr.wikipedia

1.4.2 Les 17 objectifs

Les 17 Objectifs de Développement Durable sont :

  1. Éradication de la pauvreté : Mettre fin à la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde. pactemondial
  2. Faim « zéro » : Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable. pactemondial
  3. Bonne santé et bien-être : Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge. pactemondial
  4. Éducation de qualité : Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie.
  5. Égalité entre les sexes : Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles.
  6. Eau propre et assainissement : Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau.
  7. Énergie propre et d’un coût abordable : Garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable.
  8. Travail décent et croissance économique : Promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous.
  9. Industrie, innovation et infrastructure : Bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation.
  10. Inégalités réduites : Réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre.
  11. Villes et communautés durables : Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables.
  12. Consommation et production responsables : Établir des modes de consommation et de production durables.
  13. Lutte contre les changements climatiques : Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions.
  14. Vie aquatique : Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable.
  15. Vie terrestre : Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des terres et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité. un
  16. Paix, justice et institutions efficaces : Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et ouvertes aux fins du développement durable, assurer l’accès de tous à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous.
  17. Partenariats pour la réalisation des objectifs : Renforcer les moyens de mettre en œuvre le partenariat mondial pour le développement durable et le revitaliser.

1.4.3 L’importance de l’ODD 15 : Vie terrestre

L’Objectif 15 concerne spécifiquement la conservation de la vie sur terre. Il s’agit de protéger et de restaurer les écosystèmes terrestres, de gérer durablement les forêts, de lutter contre la désertification, de stopper et d’inverser la dégradation des sols et d’enrayer la perte de biodiversité. un

Les cibles de l’ODD 15 incluent :

15.1 D’ici à 2020, garantir la préservation, la restauration et l’exploitation durable des écosystèmes terrestres et des écosystèmes d’eau douce et des services connexes, en particulier les forêts, les zones humides, les montagnes et les zones arides, conformément aux obligations découlant des accords internationaux.

15.2 D’ici à 2020, promouvoir la gestion durable de tous les types de forêt, mettre un terme à la déforestation, restaurer les forêts dégradées et accroître considérablement le boisement et le reboisement au niveau mondial.

15.3 D’ici à 2030, lutter contre la désertification, restaurer les terres et sols dégradés, notamment les terres touchées par la désertification, la sécheresse et les inondations, et s’efforcer de parvenir à un monde neutre en matière de dégradation des terres.

15.4 D’ici à 2030, assurer la préservation des écosystèmes montagneux, notamment de leur biodiversité, afin de mieux tirer parti de leurs bienfaits essentiels pour le développement durable. un

15.5 Prendre d’urgence des mesures énergiques pour réduire la dégradation du milieu naturel, mettre un terme à l’appauvrissement de la biodiversité et, d’ici jusqu’en 2020, protéger les espèces menacées et prévenir leur extinction.

15.6 Favoriser le partage juste et équitable des bénéfices découlant de l’utilisation des ressources génétiques et promouvoir un accès approprié à celles-ci, ainsi que cela a été décidé à l’échelle internationale.

15.7 Prendre d’urgence des mesures pour mettre un terme au braconnage et au trafic d’espèces végétales et animales protégées et s’attaquer au problème sous l’angle de l’offre et de la demande.

15.8 D’ici à 2020, prendre des mesures pour empêcher l’introduction d’espèces exotiques envahissantes, atténuer sensiblement les effets que ces espèces ont sur les écosystèmes terrestres et aquatiques et contrôler ou éradiquer les espèces prioritaires.

15.9 D’ici à 2020, intégrer la protection des écosystèmes et de la biodiversité dans la planification nationale, dans les mécanismes de développement, dans les stratégies de réduction de la pauvreté et dans la comptabilité. L’impact sur l’économie, c’est un mouvement pédagogique et environnemental.

1.4.4 L’ODD 14 : Vie aquatique

L’Objectif 14 vise la conservation et l’utilisation durable des océans, des mers et des ressources marines. Il s’agit notamment de réduire la pollution marine et l’acidification des océans, de mettre fin à la surpêche et de préserver les écosystèmes marins et côtiers. ec.europa

Les cibles de l’ODD 14 incluent :

14.1 D’ici à 2025, prévenir et réduire nettement la pollution marine de tous types, en particulier celle résultant des activités terrestres, y compris les déchets en mer et la pollution par les nutriments.

14.2 D’ici à 2020, gérer et protéger durablement les écosystèmes marins et côtiers, notamment en renforçant leur résilience, afin d’éviter les graves conséquences de leur dégradation et prendre des mesures en faveur de leur restauration pour rétablir la santé et la productivité des océans.

14.3 Réduire au maximum l’acidification des océans et lutter contre ses effets, notamment en renforçant la coopération scientifique à tous les niveaux.

14.4 D’ici à 2020, réglementer efficacement la pêche, mettre un terme à la surpêche, à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée et aux pratiques de pêche destructrices et exécuter des plans de gestion fondés sur des données scientifiques, l’objectif étant de rétablir les stocks de poissons le plus rapidement possible, au moins à des niveaux permettant d’obtenir un rendement constant maximal.

14.5 D’ici à 2020, préserver au moins 10% des zones marines et côtières, conformément au droit national et international et compte tenu des meilleures informations scientifiques disponibles.

14.7 D’ici à 2030, faire mieux bénéficier les petits États insulaires en développement et les pays les moins avancés des retombées économiques de l’exploitation durable des ressources marines, notamment grâce à une gestion durable des pêches, de l’aquaculture et du tourisme.


Partie 2 : La Biodiversité – Définition, Importance et Crise Actuelle

2.1 Qu’est-ce que la biodiversité ?

2.1.1 Définition et composantes

La diversité biologique, ou biodiversité, est le terme qui désigne toutes les formes de la vie sur Terre et les caractéristiques naturelles qu’elles présentent. La biodiversité désigne la variété de la vie sur Terre, sous toutes ses formes, depuis les gènes et les bactéries jusqu’aux écosystèmes entiers comme les forêts ou les récifs coralliens. un

La notion de biodiversité recouvre trois niveaux d’analyse distincts mais interconnectés : diplomatie.gouv

La diversité génétique : c’est la pluralité des individus au sein d’une même espèce. Cette diversité au niveau des gènes est essentielle pour l’adaptation des espèces aux changements environnementaux et pour leur résilience face aux maladies et aux stress. fr.wikipedia

La diversité spécifique : il s’agit ici de la diversité observée entre les espèces. Cette dimension englobe la variété des espèces animales, végétales, fongiques et microbiennes qui peuplent la Terre. diplomatie.gouv

La diversité écosystémique : cela renvoie aux différents milieux naturels. Cette dimension concerne la variété des écosystèmes (forêts, prairies, zones humides, récifs coralliens, etc.) et des interactions entre les espèces et leurs environnements. diplomatie.gouv

La biodiversité englobe également les interactions des espèces entre elles et avec leurs milieux. Ces interactions complexes constituent les écosystèmes, qui fournissent des services essentiels au maintien de la vie sur Terre. sdgs.un

2.1.2 Les services écosystémiques

La biodiversité et les écosystèmes qu’elle soutient fournissent une multitude de services essentiels au bien-être humain et au fonctionnement de la société. Ces services écosystémiques peuvent être classés en quatre catégories principales :

Les services d’approvisionnement : la biodiversité fournit des ressources alimentaires (cultures, élevage, pêche, chasse, cueillette), des matières premières (bois, fibres, matériaux de construction), des ressources énergétiques (biomasse, bois de chauffage), des ressources médicinales (plantes médicinales, principes actifs), et de l’eau douce. fr.wikipedia

Les services de régulation : la biodiversité contribue à la régulation du climat (séquestration du carbone par les forêts et les océans), à la purification de l’air et de l’eau, à la pollinisation des cultures (essential pour la production alimentaire), à la régulation des maladies, à la prévention des inondations et à la protection contre les catastrophes naturelles. fr.wikipedia

Les services de soutien : la biodiversité soutient les cycles biogéochimiques (cycle du carbone, de l’azote, de l’eau), la formation des sols, la production primaire (photosynthèse) et le recyclage des nutriments. sdgs.un

Les services culturels : la biodiversité contribue au bien-être spirituel, récréatif, esthétique et culturel des populations. Les écosystèmes naturels offrent des opportunités de tourisme, de loisirs, d’éducation et de connexion avec la nature. fr.wikipedia

Les écosystèmes de la Terre sont essentiels au maintien de la vie humaine ; ils contribuent à plus de la moitié du PIB mondial et englobent diverses valeurs culturelles, spirituelles et économiques. La biodiversité et les services écosystémiques qu’elle sous-tend peuvent également servir de base aux stratégies d’adaptation aux changements climatiques et de réduction des risques de catastrophe, car ils peuvent procurer des avantages qui augmenteront la résilience des populations. un

2.2 La crise de la biodiversité

2.2.1 Un déclin alarmant

La biodiversité s’appauvrit actuellement à un rythme 1 000 fois supérieur au rythme naturel. Pour désigner cette crise, certains scientifiques parlent désormais de « sixième extinction de masse sur Terre » et établissent une comparaison avec la dernière grande crise d’extinction qui s’est déroulée il y a 65 millions d’années.

Un récent rapport des Nations unies sur la biodiversité a révélé qu’environ un million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction, souvent en l’espace de quelques décennies, soit plus que jamais dans l’histoire de l’humanité. Ces extinctions sont irréversibles et constituent une grave menace pour notre santé et notre bien-être.

La Liste rouge de l’UICN 2025 révèle l’aggravation du risque d’extinction pour de nombreuses espèces à travers le monde. À cause de la déforestation, de l’urbanisation, des espèces invasives, du braconnage, des pesticides, de la surpêche ou du changement climatique, 48 646 espèces sur 172 620 sont aujourd’hui menacées d’extinction, en pourcentage du coup d’économique, 28,2% des espèces, contre 27,9% en 2024.

2.2.2 Les causes de l’érosion de la biodiversité

Les facteurs principaux directs de la dégradation de la biodiversité sont :

Le changement d’usage des terres et des mers : c’est le principal moteur de la perte de biodiversité. La destruction des habitats naturels, notamment la déforestation, constitue la menace numéro un. L’expansion de l’agriculture est directement associée à près de 90% de la déforestation. L’artificialisation des sols, l’urbanisation, la fragmentation des habitats et la conversion des écosystèmes naturels en terres agricoles ou en zones urbaines dégradent massivement les habitats. un

L’exploitation directe des ressources : la surexploitation des ressources naturelles (surpêche, braconnage, commerce illégal d’espèces sauvages, exploitation forestière non durable) exerce une pression considérable sur de nombreuses espèces. diplomatie.gouv

Les changements climatiques : le réchauffement climatique modifie les conditions environnementales (température, précipitations, régimes climatiques) plus rapidement que de nombreuses espèces ne peuvent s’adapter ou migrer. Les changements climatiques entraînent une perte de la biodiversité et cette perte affecte le climat, créant une boucle de rétroaction négative.

Les pollutions : les pollutions chimiques (pesticides, engrais, métaux lourds, plastiques), la pollution lumineuse, la pollution sonore et la pollution des sols et des eaux dégradent les habitats et affectent directement la santé des espèces.

Les espèces exotiques envahissantes : l’introduction d’espèces non indigènes, volontairement ou accidentellement, peut perturber les écosystèmes et entraîner le déclin ou l’extinction d’espèces locales. Les espèces envahissantes sont la principale cause d’extinction des espèces dans les écosystèmes insulaires.

Ces cinq facteurs ont été popularisés par l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) comme les principaux facteurs d’érosion de la biodiversité.

2.2.3 Les conséquences de la perte de biodiversité:

La perte de biodiversité a des conséquences graves et multidimensionnelles :

Impacts sur la sécurité alimentaire : la dégradation des écosystèmes compromet la sécurité alimentaire et la nutrition, l’accès à l’eau et son approvisionnement, ainsi que la santé des populations rurales pauvres et des populations dans le monde. La perte de pollinisateurs, la dégradation des sols et la réduction de la diversité des cultures menacent la production alimentaire mondiale. un

Impacts sur la santé humaine : l’augmentation de la demande en protéines animales, l’intensification de l’agriculture non durable, l’utilisation et l’exploitation accrues des espèces sauvages et la crise climatique sont autant de facteurs qui favorisent l’émergence de maladies zoonotiques – maladies transmises de la faune sauvage à l’homme – telles que la COVID-19. Chaque année, environ deux millions de personnes, principalement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, meurent de maladies zoonotiques négligées. un

Impacts économiques : la biodiversité et les services écosystémiques contribuent à plus de la moitié du PIB mondial. La dégradation des écosystèmes entraîne des pertes économiques considérables. Rien qu’au cours des deux dernières décennies, les zoonoses ont causé des pertes économiques de plus de 100 milliards de dollars, sans compter le coût à la suite de la pandémie de confinement.

Impacts sociaux et culturels : la perte de biodiversité affecte les moyens de subsistance des communautés rurales, en particulier dans les pays en développement. Elle compromet également les valeurs culturelles, spirituelles et récréatives associées à la nature. un

Aggravation des changements climatiques : la dégradation des écosystèmes, en particulier la déforestation et la dégradation des sols, libère du carbone stocké et réduit la capacité de la planète à séquestrer le carbone, aggravant ainsi les changements climatiques.

2.3 Les rapports de l’IPBES

2.3.1 Le rôle de l’IPBES

L’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) a été créée en 2012 pour fournir aux décideurs des évaluations scientifiques rigoureuses sur l’état de la biodiversité et des services écosystémiques.

L’une des fonctions principales de l’IPBES est de développer des rapports d’évaluation sur la biodiversité et les services écosystémiques. Ces rapports sont destinés à aider les décideurs à prendre des décisions éclairées aux niveaux mondial et local.

2.3.2 Le rapport mondial sur la biodiversité

Les rapports de l’IPBES ont mis en évidence une situation alarmante. Biodiversity – the essential variety of life forms on Earth – continues to decline in every region of the world, significantly reducing nature’s capacity to contribute to people’s well-being. ipbes

Dans chaque région, à l’exception de quelques exemples positifs où des leçons peuvent être tirées, la biodiversité et la capacité de la nature à contribuer aux populations se dégradent, se réduisent et se perdent en raison de plusieurs pressions communes : stress des habitats, surexploitation et utilisation non durable des ressources naturelles, pollution de l’air, des terres et de l’eau, nombre et impact croissants des espèces exotiques envahissantes et changement climatique, entre autres.

2.3.3 Le rapport « Nexus » de 2025

Le rapport « Nexus » de l’IPBES, publié en 2025, met en lumière l’interconnexion des crises environnementales, sociales et économiques. Le message principal de cette publication est que la perte de biodiversité, les crises alimentaires, les pénuries d’eau, les risques sanitaires, les pandémies mondiales et le changement climatique sont interconnectés. Ces menaces influent les unes sur les autres en s’amplifiant, se combinent et se répercutent en cascade.

2.3.4 Le rapport sur les entreprises et la biodiversité (2026)

Le 8 février 2026, le résumé pour les décideurs de la première évaluation mondiale sur les liens entre entreprises et biodiversité a été approuvé par l’IPBES.

Ce rapport, adopté par 150 gouvernements, marque un tournant : il ne se limite plus à appeler le monde économique à réduire ses impacts, mais analyse la manière dont les activités productives, financières et commerciales structurent la crise du vivant et conditionnent toute possibilité de transformation.

Le rapport établit le premier consensus mondial sur les impacts et dépendances des entreprises vis-à-vis du vivant. Son constat est chiffré et sans appel : les subventions mondiales aux activités les plus dommageables pour les écosystèmes (agriculture intensive, énergies fossiles, exploitation minière et pêche industrielle) s’élèvent à environ 7 300 milliards de dollars par an, tandis que les financements dédiés à la protection et à la restauration de la nature ne représentent que 3% des flux financiers mondiaux. À titre de comparaison, la dépense consacrée à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité ne dépasse pas 220 milliards de dollars. huglo-lepage

L’évaluation avertit que le déclin accéléré de la biodiversité et des contributions de la nature aux populations n’est pas seulement une préoccupation environnementale – c’est un risque systémique menaçant la stabilité économique mondiale, les marchés financiers et le bien-être humain. iucn


Partie 3 : Les Liens entre Développement Durable et Biodiversité

3.1 La biodiversité, fondement du développement durable

3.1.1 Interdépendance fondamentale

La biodiversité est le fondement du développement durable. Les écosystèmes terrestres sont essentiels au maintien de la vie humaine, contribuant à plus de la moitié du PIB mondial et revêtant diverses valeurs culturelles, spirituelles et économiques.

Lors de la conférence Rio+20, les États membres ont réaffirmé « la valeur intrinsèque de la diversité biologique, ainsi que la valeur de la diversité et de ses éléments constitutifs sur les plans environnemental, génétique, social, économique, scientifique, éducatif, culturel, récréatif et esthétique, ainsi que son rôle décisif dans la préservation des écosystèmes qui fournissent des services essentiels contribuant grandement au développement durable et au bien-être des populations ».

Les États membres ont également souligné « la gravité de la perte de la biodiversité et de la dégradation des écosystèmes qui entravent le développement mondial » et qui compromet « la sécurité alimentaire et la nutrition, l’accès à l’eau et son approvisionnement, ainsi que la santé des pauvres des zones rurales et des populations dans le monde ».

3.1.2 La biodiversité et les ODD

Bien que la biodiversité ne soit explicitement mentionnée que dans deux objectifs de développement durable – l’ODD 14 (Vie aquatique) et l’ODD 15 (Vie terrestre) – elle contribue directement à dix ODD et indirectement aux sept autres.

La biodiversité est essentielle pour atteindre de nombreux ODD :

  • ODD 1 (Éradication de la pauvreté) : la biodiversité soutient les moyens de subsistance des populations pauvres, en particulier dans les zones rurales.
  • ODD 2 (Faim « zéro ») : la biodiversité agricole et la pollinisation sont essentielles pour la sécurité alimentaire.
  • ODD 3 (Bonne santé et bien-être) : la biodiversité fournit des ressources médicinales et régule les maladies.
  • ODD 6 (Eau propre et assainissement) : les écosystèmes naturels filtrent et purifient l’eau.
  • ODD 13 (Lutte contre les changements climatiques) : les écosystèmes séquestrent le carbone et régulent le climat.
  • ODD 14 et 15 (Vie aquatique et vie terrestre) : ces objectifs visent directement la conservation de la biodiversité.

3.2 Climat et biodiversité : deux crises interconnectées;

3.2.1 Les interactions climat biodiversité

Les crises du climat et de la biodiversité sont étroitement liées et s’accentuent mutuellement. Le changement climatique entraîne une perte de la biodiversité et cette perte affecte le climat. Ces deux crises sont dues aux activités humaines et sont liées à travers des mécanismes d’interdépendances.

La biodiversité et les écosystèmes agissent sur le climat en participant aux échanges d’énergie, d’eau et de matière entre la biosphère et l’atmosphère, notamment via les processus de photosynthèse (qui permet le captage et le stockage de carbone, et la production de matière organique) et d’évapotranspiration des végétaux (qui permet le rafraîchissement de l’air).

On observe ainsi une boucle de rétroaction où les changements climatiques et l’érosion de la biodiversité s’accentuent mutuellement. La perte de biodiversité aggrave le changement climatique, qui en retour dégrade la biodiversité, qui perd ses facultés de réagir au changement.

3.2.2 Les écosystèmes comme puits de carbone

Les océans, les zones humides et les forêts sont de gigantesques puits de carbone : à l’échelle mondiale, ils absorbent environ la moitié des émissions de CO2 d’origine anthropique. Les océans absorbent près d’un quart du CO2 émis par les activités humaines.

Cette séquestration du carbone est le résultat de processus physiques, chimiques et biologiques. Cependant, ceux-ci sont impactés par le changement climatique, ce qui pourrait conduire à un ralentissement ou un amoindrissement de la séquestration du carbone dans les océans.

La biodiversité agit avec le système climatique via les cycles du carbone, de l’azote et de l’eau. Une gestion des écosystèmes qui protège et restaure la biodiversité soutient donc également l’adaptation au changement climatique ainsi que la protection du climat.

3.2.3 Les impacts du changement climatique sur la biodiversité:

Les changements climatiques dégradent la biodiversité, les écosystèmes et les services qu’ils rendent, induisant d’importants dommages et pertes. Les modifications biotiques de la teneur en oxygène ou en CO2 dans l’atmosphère ont influencé le climat lors de périodes géologiques, et la couverture végétale actuelle, par exemple les forêts tropicales ou la toundra, déterminent l’évaporation de l’eau et l’albédo, et, partant, le climat local.

La fonte de la banquise frappe durement les espèces dans les pôles. Dans les forêts tropicales, l’extension des zones cultivées et d’élevage fragmente les habitats. Les changements climatiques modifient les conditions environnementales plus rapidement que de nombreuses espèces ne peuvent s’adapter ou migrer.

3.3 La triple crise planétaire:

Le monde est confronté à une triple crise : les changements climatiques, la pollution et la perte de biodiversité. Ces trois crises sont interconnectées et doivent être abordées ensemble si nous voulons réaliser les objectifs de développement durable et nous assurer un avenir viable sur cette planète.

La tendance croissante à la perte des forêts, à la dégradation du sol et à l’extinction des espèces constitue une grave menace tanto pour le planète cosmo pour les personnes. Entre 2015 et 2019, au moins 100 millions d’hectares de terres saines et productives ont été dégradés chaque année, ce qui a eu un impact sur les vies de 1,3 milliard de personnes.

À l’échelle mondiale, un cinquième des terres émergées sont dégradées, soit une superficie équivalente à celle de l’Inde et de la Fédération de Russie réunies. La dégradation des sols conduit les espèces à l’extinction et intensifie les changements climatiques.


Partie 4 : Cadres Politiques et Stratégies Internationales;

4.1 Le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal:

4.1.1 Adoption et contexte

Le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal a été adopté en décembre 2022 à Montréal lors de la conférence de Montréal sur la biodiversité (COP15 de la Convention sur la diversité biologique). Ce cadre, salué par la France, est ambitieux, réaliste et applicable, avec des cibles chiffrées dont celle prévoyant la protection de 30% des végétations sont privilégié de la protection de la phaune animaux et de 30% des mers à échéance 2030.

Le Cadre comprend quatre objectifs à l’horizon 2050 et 23 cibles pour 2030. Les cibles consistent à : 1) réduire les menaces pesant sur la biodiversité ; 2) satisfaire les besoins des populations grâce à l’utilisation durable et au partage des avantages ; 3) mettre en place des outils et des solutions en matière de mise en œuvre et d’intégration.

4.1.2 Les quatre objectifs mondiaux pour 2050

Le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal comporte quatre objectifs mondiaux à remplir d’ici 2050 :

Objectif A : Préserver, améliorer ou rétablir l’intégrité, la connectivité et la résilience de tous les écosystèmes, mettre fin à l’extinction d’origine anthropique des espèces menacées connues, et d’ici à 2050, réduire le taux d’extinction et le risque de toutes les espèces d’un facteur dix, et augmenter l’abondance des espèces sauvages indigènes à des niveaux sains et résilients ; et maintenir la diversité génétique au sein des populations d’espèces sauvages et domestiquées, sauvegardant leur potentiel d’adaptation.

Objectif B : La biodiversité est utilisée et gérée de manière durable, et les contributions de la nature aux populations, y compris les fonctions et services écosystémiques, sont valorisées, maintenues et améliorées, celles qui sont actuellement en déclin étant restaurées, soutenant la réalisation du développement durable, au profit des générations présentes et futures d’ici à 2050.

Objectif C : Les avantages monétaires et non monétaires découlant de l’utilisation des ressources génétiques, et de l’information de séquençage numérique de ces ressources génétiques, et des connaissances traditionnelles associées aux ressources génétiques, sont partagés de manière juste et équitable, y compris, le cas échéant, avec les peuples autochtones et les communautés locales, et sensiblement augmentés d’ici à 2050, tout en veillant à ce que les connaissances traditionnelles associées aux ressources génétiques soient protégées de manière appropriée.

Objectif D : Des moyens de mise en œuvre adéquats, y compris des ressources financières, le renforcement des capacités, la coopération technique et scientifique, et l’accès et le transfert de technologie pour mettre pleinement en œuvre le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming Montréal sont garantis et équitablement accessibles à toutes les Parties, en particulier les pays en développement, en particulier les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement, ainsi que les pays à économie en transition, comblant progressivement l’écart de financement de la biodiversité de 700 milliards de dollars par an, et alignant les flux financiers sur le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming Montréal et la Vision 2050 pour la biodiversité.

4.1.3 Les 23 cibles pour 2030

Le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal comporte 23 cibles mondiales orientées vers l’action et devant faire l’objet de mesures urgentes au cours de la décennie allant jusqu’à 2030. Ces 23 cibles sont structurées autour des quatre objectifs précédemment cités.

Parmi les cibles les plus médiatisées, on peut citer :

Cible 1 : Planifier et gérer toutes les zones pour réduire la perte de biodiversité.

Cible 2 : Restaurer 30% de tous les écosystèmes dégradés. Assurer que d’ici jusqu’à 2030, au moins 30% des zones d’écosystèmes terrestres, d’eaux intérieures, côtiers et marins dégradés fassent l’objet d’une restauration effective, afin de renforcer la biodiversité et les fonctions et services écosystémiques, l’intégrité écologique et la connectivité.

Cible 3 : Conservation et gestion d’ici à 2030, au moins 30% des zones terrestres et des eaux intérieures, ainsi que des zones marines et côtières. S’assurer que d’ici jusqu’à 2030, au moins 30% des terres, des eaux intérieures et des zones côtières et marines sont protégées.

Cible 5 : Réduire de moitié le gaspillage alimentaire mondial.

Cible 18 : Diminué la consommation des déchets domestiques et réduire la consommation d’utilisation de l’étroitesse. Les personnes qui ont été tellement d’utilisation de l’estricité peuvent éteindre la lumière de travail jusqu’à ce qu’ils reviennent. Les informations qui nessicitent s à la biodiversité substantiellement et progressivement d’au moins 500 milliards d’euros et dollars s par an d’ici jusqu’à 2030.

Cible 19 : Mobiliser au moins 200 milliards de dollars par an d’ici à 2030 de sources publiques et privées de financement pour la biodiversité. Porter à au moins 20 milliards de dollars par an d’ici à 2025 les financements alloués aux pays en développement pour leur action pour la biodiversité. fr.wikipedia

Cible 20 : Réduire de moitié les risques liés aux pesticides. fr.wikipedia

4.2 La Convention sur la diversité biologique (CDB)

4.2.1 Historique et objectifs

La Convention des Nations unies sur la diversité biologique (CDB) a été ouverte à la signature en 1992 à Rio de Janeiro lors de la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement. À cette occasion, 168 signatures avaient été recueillies. La Convention est entrée en vigueur le 29 décembre 1993, 90 jours après sa trentième ratification.

La première session de la Conférence des Parties (COP1) a été organisée du 28 novembre au 9 décembre 1994 aux Bahamas. Depuis, la CDB a tenu de nombreuses conférences des parties pour suivre la mise en œuvre de la Convention et adopter des décisions et des cadres stratégiques.

La CDB a trois objectifs principaux :

  1. La conservation de la diversité biologique
  2. L’utilisation durable de ses composantes
  3. Le partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques

4.2.2 Les objectifs d’Aichi

Lors de la conférence de Nagoya sur la biodiversité en 2010 (COP10), les objectifs d’Aichi pour la biodiversité ont été adoptés. Ces objectifs constituaient le Plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020.

Cependant, aucun des objectifs d’Aichi n’a été pleinement atteint, soulignant la nécessité d’un cadre plus ambitieux et mieux mis en œuvre, ce qui a conduit à l’adoption du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal en 2022.

4.3 Les stratégies nationales pour la biodiversité

4.3.1 La Stratégie nationale biodiversité 2030 de la France

La France a adopté sa Stratégie nationale biodiversité 2030 (SNB3) en 2023, qui traduit l’engagement de la France au titre de la Convention sur la diversité biologique. Elle concerne les années 2022 à 2030 et succède à deux premières stratégies qui ont couvert respectivement les périodes 2004-2010 et 2011-2020.

La SNB a pour objectif de réduire les pressions sur la biodiversité, de protéger et restaurer les écosystèmes et de susciter des changements en profondeur afin d’inverser la trajectoire du déclin de la biodiversité. Elle accélère l’engagement de la France en faveur de la biodiversité en proposant 40 mesures précises autour de quatre axes pour atteindre les ambitions portées par le cadre mondial de la biodiversité d’ici 2050.

Les quatre axes de la Stratégie nationale biodiversité 2030 sont :

Axe 1 : Réduire les pressions qui s’exercent sur la biodiversité. Cet axe vise à limiter la consommation d’espaces et préserver les milieux, protéger les écosystèmes et certaines espèces emblématiques et menacées, et permettre la transition de nos modèles de production et de consommation.

Axe 2 : Restaurer la biodiversité dégradée partout où c’est possible. Cet axe vise à restaurer les écosystèmes dégradés et à prendre en compte le lien entre santé et environnement.

Axe 3 : Mobiliser tous les acteurs. Cet axe vise à impliquer tous les secteurs de la société dans la préservation de la biodiversité.

Axe 4 : Garantir les moyens d’atteindre ces ambitions. Cet axe vise à assurer les financements, les compétences et les outils nécessaires pour mettre en œuvre la stratégie.

L’année 2030 comprendra 39 mesures articulées autour de ces 4 grands axes, incluant : réduire les pressions, restaurer les écosystèmes dégradés, mobiliser tous les acteurs, et disposer des moyens permettant d’atteindre ces ambitions. Parmi les mesures spécifiques, on peut citer : renforcer la lutte contre la pollution par les plastiques, lutter contre les pollutions lumineuses, mieux gérer les espèces exotiques envahissantes, et accélérer la transition agroécologique.

La Stratégie nationale biodiversité concrétise l’engagement de la France pour stopper puis inverser la trajectoire d’effondrement de la biodiversité, en accord avec le cadre mondial de la biodiversité, adopté en décembre 2022 à Montréal.


Partie 5 : Solutions et Actions pour Préserver la Biodiversité:

5.1 L’agriculture durable et la biodiversité;

5.1.1 L’impact de l’agriculture sur la biodiversité

Depuis 1960, l’intensification des modes de production agricole et la spécialisation des territoires et des assolements ont eu un impact négatif sur la biodiversité des écosystèmes agricoles. Les surfaces en prairies permanentes, les linéaires de haies, le nombre de mares, mais aussi les populations d’insectes pollinisateurs ont fortement baissé sur cette période. En parallèle, l’utilisation des intrants chimiques, notamment celle des produits phytosanitaires, a progressé.

L’expansion de l’agriculture est directement associée à près de 90% de la déforestation. La récolte de palmiers à huile a représenté 7% de la déforestation mondiale entre 2000 et 2018.

5.1.2 Les pratiques agricoles favorables à la biodiversité

Pour enrayer le déclin de la biodiversité, il ne suffit pas de limiter les pollutions ou pratiques néfastes, il faut aussi repenser les systèmes agricoles dans le sens de l’agroécologie. L’agriculture dispose d’un vaste panel d’actions et de techniques pour protéger la biodiversité et les écosystèmes : maintien des prairies et des haies, baisse de l’utilisation des intrants, outils de biocontrôle, agroforesterie.

Les mesures pour préserver la biodiversité dans les exploitations agricoles incluent : agriculture.gouv

La diversification des cultures et des élevages : la diversification des cultures et l’allongement des rotations sont bénéfiques à plusieurs titres. Une rotation équilibrée inclut idéalement des cultures d’hiver et de printemps, des céréales et des légumineuses, et des cultures sarclées et non sarclées.

La réduction des intrants chimiques : la réduction de l’usage des pesticides est un levier majeur pour préserver la biodiversité dans les parcelles agricoles. Plusieurs approches complémentaires peuvent être mises en œuvre : utilisation de variétés résistantes aux maladies, mise en place de méthodes de lutte biologique (ex : lâchers d’auxiliaires), désherbage mécanique ou thermique, et application en dernier recours de produits phytosanitaires ciblés et à faible impact.

Le maintien des infrastructures agroécologiques : le maintien des prairies permanentes, des terres en jachère, des bandes non-cultivées, et la plantation de haies sont encouragés par les différents mécanismes de la Politique agricole commune (PAC) comme le nouvel éco-régime et la conditionnalité. L’implantation de bandes fleuries avec des espèces mellifères locales, la préservation de zones non fauchées (bords de champs, talus), et l’installation d’abris à insectes (« hôtels à insectes ») favorisent les pollinisateurs. agriculture.gouv

L’agroforesterie : l’encouragement au développement des haies et de l’agroforesterie est une mesure clé du Pacte en faveur de la haie publié en septembre 2023. L’agroforesterie combine arbres et cultures ou élevage sur une même parcelle, créant des habitats diversifiés et améliorant la biodiversité.

Les techniques de travail simplifié du sol : les techniques de travail simplifié (TCS) ou le semis direct sous couvert visent à préserver la structure et la biodiversité du sol. Ces pratiques consistent à limiter le travail mécanique et à maintenir une couverture végétale permanente.

La fertilisation raisonnée : la fertilisation raisonnée, basée sur des analyses de sol et l’utilisation d’engrais organiques, permet de limiter les impacts sur la biodiversité tout en maintenant la productivité des cultures.

La restauration des corridors écologiques : la restauration de corridors écologiques entre les parcelles permet aux espèces de se déplacer et d’échanger des gènes, ce qui est essentiel à leur survie à long terme.

5.1.3 L’agriculture biologique et HVE

L’encouragement à la transition vers l’agriculture biologique et l’agriculture Haute valeur environnementale (HVE), qui limitent fortement l’utilisation de pesticides de synthèse, va dans le sens de la préservation de la biodiversité. Ces modèles agricoles alternatifs visent à réduire les impacts environnementaux tout en maintenant la viabilité économique des exploitations. agriculture.gouv

5.2 La protection des écosystèmes et des espèces:

5.2.1 Les aires protégées;

Le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal vise à protéger au moins 30% des terres et des mers d’ici 2030 (cible 3). Cette cible, souvent appelée « 30×30 », est essentielle pour préserver les habitats critiques et les espèces menacées. fr.wikipedia

Les zones protégées bien gérées soutiennent des écosystèmes sains qui, à leur tour, maintiennent les gens en bonne santé. Il est dès lors essentiel d’assurer la participation des communautés locales au développement et à la gestion de ces zones protégées. un

En 2020, la cible d’Aichi de préserver au moins 10% des zones marines et côtières (cible 14.5 de l’ODD 14) n’a pas été pleinement atteinte, soulignant la nécessité d’accélérer les efforts de protection. un

5.2.2 La restauration des écosystèmes dégradés

La cible 2 du Cadre mondial de la biodiversité vise à restaurer au moins 30% des écosystèmes dégradés d’ici 2030. La restauration des écosystèmes dégradés est essentielle pour renforcer la biodiversité, les fonctions et services écosystémiques, l’intégrité écologique et la connectivité.

Les efforts mondiaux et régionaux visant à préserver les écosystèmes forestiers ainsi que leurs fonctions sociales, économiques et environnementales sont essentiels, en particulier pour les pays en développement et les régions tropicales. Tandis que la perte de forêts reste importante, les données pour 2020 montrent que la proportion de forêts dans les zones protégées et dans le cadre de plans de gestion à long terme a augmenté ou est restée stable au niveau mondial et dans la plupart des régions du monde.

5.2.3 La lutte contre les espèces exotiques envahissantes

La cible 6 du Cadre mondial de la biodiversité vise à prendre des mesures pour empêcher l’introduction d’espèces exotiques envahissantes, atténuer sensiblement les effets que ces espèces ont sur les écosystèmes terrestres et aquatiques, et contrôler ou éradiquer les espèces prioritaires. un

Mieux gérer les espèces exotiques envahissantes est une mesure clé de la Stratégie nationale biodiversité 2030 de la France. Les espèces envahissantes sont la principale cause d’extinction des espèces dans les écosystèmes insulaires et peuvent avoir un impact sur la sécurité alimentaire et économique.

5.2.4 La lutte contre le braconnage et le trafic d’espèces

La cible 7 du Cadre mondial de la biodiversité vise à prendre d’urgence des mesures pour mettre un terme au braconnage et au trafic d’espèces végétales et animales protégées et s’attaquer au problème sous l’angle de l’offre et de la demande.

Apporter, à l’échelon mondial, un soutien accru à l’action menée pour lutter contre le braconnage et le trafic d’espèces protégées, notamment en donnant aux populations locales d’autres moyens d’assurer durablement leur subsistance, est également une cible importante (cible 15.c). un

5.3 La réduction des pollutions

5.3.1 La lutte contre la pollution par les plastiques

Renforcer la lutte contre la pollution par les plastiques est une mesure de la Stratégie nationale biodiversité 2030 de la France. La cible 7 de l’ODD 14 vise à prévenir et réduire nettement la pollution marine de tous types, en particulier celle résultant des activités terrestres, y compris les déchets en mer et la pollution par les nutriments, d’ici à 2025.

Promouvoir la réduction, le réemploi et le recyclage du plastique est une mesure retenue dans le cadre agroalimentaire pour protéger la biodiversité.

5.3.2 La lutte contre les pollutions lumineuses

Lutter contre les pollutions lumineuses est une mesure de la Stratégie nationale biodiversité 2030 de la France. La limitation de l’éclairage nocturne est essentielle pour préserver les espèces nocturnes et les cycles naturels.

5.3.3 La réduction des pesticides

La cible 20 du Cadre mondial de la biodiversité vise à réduire de moitié les risques liés aux pesticides. La réduction de l’usage des intrants chimiques, notamment des produits phytosanitaires, est une priorité pour préserver la biodiversité agricole.

Optimiser et réduire l’utilisation des intrants chimiques est un sujet retenu dans le cadre agroalimentaire pour protéger la biodiversité.

5.4 La mobilisation des acteurs et le financement

5.4.1 Le rôle des entreprises

Le rapport IPBES sur les entreprises et la biodiversité (2026) appelle les entreprises à intégrer pleinement la biodiversité dans leurs stratégies. Pousser toutes les entreprises à agir pour la biodiversité est l’objectif de ce rapport.

L’évaluation avertit que le déclin accéléré de la biodiversité et des contributions de la nature aux populations n’est pas seulement une préoccupation environnementale – c’est un risque systémique menaçant la stabilité économique mondiale, les marchés financiers et le bien-être humain. Une action positive de la part des entreprises et des institutions financières est essentielle dans la transformation vers un système économique juste et durable.

Les entreprises doivent réduire leurs impacts sur la biodiversité, intégrer la biodiversité dans leurs chaînes de valeur, et contribuer au financement de la conservation et de la restauration. iucn

5.4.2 Le financement de la biodiversité

La cible 19 du Cadre mondial de la biodiversité vise à mobiliser au moins 200 milliards de dollars par an d’ici à 2030 de sources publiques et privées de financement pour la biodiversité. Porter à au moins 20 milliards de dollars par an d’ici à 2025 il y avait les financements alloués aux pays en développement pour leur action pour la biodiversité est également une cible importante.

La cible 18 vise à réduire les incitations néfastes à la biodiversité substantiellement et progressivement d’au moins 500 milliards de dollars par an d’ici à 2030. Les subventions mondiales aux activités les plus dommageables pour les écosystèmes s’élèvent à environ 7 300 milliards de dollars par an, tandis que les financements dédiés à la protection et à la restauration de la nature ne représentent que 3% des flux financiers mondiaux.

Mobiliser et augmenter nettement les ressources financières de toutes provenances pour préserver la biodiversité et les écosystèmes et les exploiter durablement est une cible de l’ODD 15 (cible 15.a). un

5.4.3 L’éducation, la formation et la sensibilisation:

L’éducation, la formation et la sensibilisation sont des principes fondamentaux du développement durable. La sensibilisation du public aux enjeux de la biodiversité est essentielle pour mobiliser tous les acteurs et favoriser l’adoption de comportements respectueux de la nature.

Nous pouvons notamment recycler, adopter une alimentation locale et durable et ne consommer que ce dont nous avons besoin. Nous devons être respectueux de la faune et ne participer qu’à des activités d’écotourisme gérées de manière responsable et éthique afin d’éviter toute perturbation de la faune. un

5.5 Les solutions basées sur la nature

5.5.1 Définition et potentiel

Les solutions basées sur la nature (SbN) sont des actions visant à protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes naturels ou modifiés pour relever directement les défis de société de manière efficace et adaptative, tout en assurant le bien-être humain et des avantages pour la biodiversité.

La biodiversité et les services écosystémiques qu’elle sous-tend peuvent servir de base aux stratégies d’adaptation aux changements climatiques et de réduction des risques de catastrophe, car ils peuvent procurer des avantages qui augmenteront la résilience des populations.

5.5.2 Exemples de solutions basées sur la nature

  • La reforestation et le reboisement : restaurer les forêts dégradées et accroître le boisement et le reboisement au niveau mondial (cible 15.2 de l’ODD 15).
  • La restauration des zones humides : les zones humides filtrent l’eau, séquestrent le carbone et fournissent des habitats pour de nombreuses espèces.
  • L’agriculture régénératrice : pratiques agricoles qui restaurent la santé des sols, augmentent la biodiversité et améliorent les services écosystémiques.
  • Les infrastructures vertes en milieu urbain : parcs, toits végétalisés, corridors écologiques urbains qui améliorent la biodiversité urbaine et les services écosystémiques.
  • La gestion durable des pêches : réglementer efficacement la pêche, mettre un terme à la surpêche et exécuter des plans de gestion fondés sur des données scientifiques (cible 14.4 de l’ODD 14.

Partie 6 : Perspectives et Défis pour l’Avenir

6.1 Les défis à relever

6.1.1 L’urgence de l’action

La biodiversité s’appauvrit à un rythme sans précédent, et le temps est compté pour inverser cette tendance. L’IPBES adopte le premier rapport mondial sur les liens entre entreprises et biodiversité en février 2026, soulignant l’urgence d’agir. un

Le rapport IPBES de 2026 établit le premier consensus mondial sur les impacts et dépendances des entreprises vis-à-vis du vivant, avec un constat chiffré et sans appel. Les subventions mondiales aux activités les plus dommageables pour les écosystèmes s’élèvent à environ 7 300 milliards de dollars par an, tandis que les financements dédiés à la protection et à la restauration de la nature ne représentent que 3% des flux financiers mondiaux.

6.1.2 La nécessité d’une transformation systémique:

Atteindre les objectifs du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal et de l’Agenda 2030 nécessite une transformation profonde de nos modèles de production et de consommation. Il faut un changement radical dans la relation que l’humanité entretient avec la nature. un

La transition vers des systèmes agricoles durables, la réduction des inégalités, la lutte contre les changements climatiques et la protection de la biodiversité doivent être abordées de manière intégrée. un

6.1.3 La mobilisation de tous les acteurs:

La mobilisation de tous les acteurs – États, entreprises, société civile, citoyens – est essentielle pour réussir la transition vers un développement durable respectueux de la biodiversité. Le principe de participation est un pilier du développement durable.

La gouvernance, consistant en la participation de tous les acteurs au processus de décision est une forme de démocratie participative essentielle.

6.2 Les opportunités:

6.2.1 Les co-bénéfices climat biodiversité:

Agir pour la biodiversité offre de nombreux co-bénéfices pour la lutte contre les changements climatiques, et vice versa. Les solutions basées sur la nature peuvent simultanément séquestrer du carbone, protéger la biodiversité et améliorer le bien-être humain. biodiversite-centrevaldeloire

Une gestion des écosystèmes qui protège et restaure la biodiversité soutient également l’adaptation au changement climatique ainsi que la protection du climat.

6.2.2 Les opportunités économiques

La biodiversité et les services écosystémiques contribuent à plus de la moitié du PIB mondial. Investir dans la nature est donc non seulement une nécessité écologique, mais aussi une opportunité économique.

L’action d’environnement qui se nomme “IPBES” sur les entreprises et la biodiversité en 2026 et d’autres à venir montrent que l’action positive des associations et des entreprises qui ont la possibilité d’ajouter la biodivercité pour la biodiversité est essentielle dans la transformation vers un système économique juste et durable. iucn

6.2.3 L’innovation et la technologie

L’innovation et la technologie peuvent contribuer à la préservation de la biodiversité : biocontrôle, robotique, numérique, variétés innovantes, etc. Cependant, ces outils doivent être utilisés de manière responsable et dans le respect des équilibres écologiques. ecologie.gouv

Favoriser la mise au point et la diffusion de technologies respectueuses de l’environnement est un principe du développement durable (principe 9). pactemondial

6.3 Conclusion : vers un avenir durable

Le développement durable et la biodiversité sont indissociables. La biodiversité est le fondement du développement durable, et un développement véritablement durable ne peut être atteint sans préserver et restaurer la biodiversité. sdgs.un

Le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, adopté en 2022, donne un nouvel élan à l’objectif 15 de l’Agenda 2030, en définissant quatre objectifs axés sur les résultats à atteindre d’ici à 2050 et 23 cibles à atteindre d’ici à 2030. La Stratégie nationale biodiversité 2030 de la France traduit cet engagement au niveau national. un

Cependant, les efforts actuels restent insuffisants face à l’ampleur de la crise. La biodiversité continue de décliner dans toutes les régions du monde, et les financements dédiés à sa protection sont largement inférieurs aux besoins. ipbes

Il est urgent d’accélérer l’action, de mobiliser tous les acteurs, et de transformer en profondeur nos modèles de développement pour préserver la biodiversité et assurer un avenir viable pour l’humanité et l’ensemble des formes de vie sur Terre. un

Nous devons modifier la relation de l’humanité avec la nature pour atteindre les objectifs de développement durable et réaliser que la nature est la racine de notre vie sur terre. La préservation de la biodiversité n’est pas seulement une question environnementale, c’est une condition sine qua non pour la survie et le bien-être de l’humanité. un


Références et ressources

Ce document s’appuie sur de nombreuses sources, notamment :

  • Les rapports de l’ONU, de l’IPBES, de l’UICN et d’autres organisations internationales
  • Les textes officiels (Convention sur la diversité biologique, Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, Agenda 2030)
  • Les stratégies nationales (Stratégie nationale biodiversité 2030 de la France)
  • Les articles scientifiques et les rapports d’organisations non gouvernementales

Pour approfondir ces sujets, vous pouvez consulter :

  • Le site de l’ONU sur les Objectifs de développement durable : h

la promotion du Handisport
la Biodiversité

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